.Jack a Dit.

.Jack a Dit.
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__Le crissement strident de la balançoire. Son léger mouvement de va et vient incessant. Ses vieilles planches de bois, usées par le temps et la pluie, ses cordes effilées. Et la petite fille qui est assise dessus. Eva. Son joli visage au teint pâle. Ses longs cheveux blonds, tombant jusqu'à sa taille, qui affinent son corps. Ses grands yeux, bleus comme le beau ciel pastel qui sublimait le paysage vespéral il y a encore quelques heures. Mais maintenant il fait nuit. Les nuages ont cédé leur place aux étoiles. Les magnifiques étoiles qui illuminent le ciel noir et tiennent compagnie à la Lune. Une placide nuit d'été. Mais le grincement funèbre de la balançoire détériore le paisible chant des grillons.
__Jack a dit cours. Elle a couru dans les grands champs de verdure, parmi les fleurs et les papillons multicolores. Jack a dit danse. Elle a dansé au rythme de la musique qui anime son c½ur. Jack a dit chante. Elle a chanté de sa voix mélodieuse emplissant le silence pesant qui régnait entre elles. Elles, Eva, et ses amies. Elles aiment ce jeu, ces fillettes dont le regard témoigne de la candeur de leurs vies.
__Puis Jack a dit vole. Mais les grandes ailes noires qu'Eva avait vues dans la vitrine, elles ne l'ont pas fait quitter le sol. Elle était pourtant majestueuse Eva, du haut de son balcon, avec ses élégantes ailes aux plumes de jais. Mais ses ailes n'étaient pas faites pour voler. Alors elle s'est écrasée, Eva. Avant même d'avoir décollé. Elle s'est fracturée le poignet. Elle a eu mal, vraiment très mal. Et elle n'a pas obéit à Jack. Elle n'a pas respecté les règles du jeu. Elle n'a pas volé, Eva. Elle devait être punie, c'est la loi. L'éminent saule pleureur qui domine son jardin a des longues branches souples et rigides. Alors ses amies l'ont fouettée avec les branches, Eva, car c'est la règle. Les règles sont faites pour êtres respectées. Mais maintenant, Jack a dit saute. Dans les gorges, au fond de la forêt.
__Eva descendit de la balançoire. C'était pour ce soir. Elle marcha un moment dans la forêt lugubre, profita encore un peu de cette nuit d'été. Lorsqu'elle arrive aux gorges, ses amies étaient déjà toutes là, regroupées au lieu du rendez-vous. Elles attendaient patiemment. Et elles riaient. Ce soir, le jeu allait être marrant. Affriolant. Et l'arrivée d'Eva accentua leurs éclats de rire. Ils étaient plus prononcés, plus enthousiastes.
__Eva s'approcha lentement du bord, tremblante, prise de convulsions. Vertige, affres. Elle aurait bien fait demi-tour. Elle aurait voulu partir en courant, là, maintenant. Mais tous les yeux étaient rivés sur elle. Et puis, six contre une. Les gorges d'où elle devait sauter surplombent une rivière. Profonde. Agitée. Dangereuse. Elle ne sait pas très bien nager, Eva. Mais elle doit obéir à Jack, au jeu, aux règles, à ses amies. Elle s'approcha du bord, balança d'abord un pied dans le vide, et jeta un dernier regard en arrière avant le saut. Froissement de c½ur. Frémissement. Ses amies étaient heureuses, souriantes et allègres. Amies ? Elle huma une dernière fois l'air pur. Car dans sa tête de petite fille, malgré l'innocente naïveté de sa vie, elle devinait parfaitement bien l'issue du saut. Eva prit sa respiration, ferma les yeux. Et elle balança son second pied dans le vide. Chuta. Percuta les rochers, y déposant un peu de sa chaire et de son sang. Puis son corps sombra des les abîmes de la rivière. Vivante mais inconsciente. L'eau qui infiltre ses poumons l'achèvera bientôt.



Cette nuit, Eva s'est noyée.
Pour Jack.
Pour le jeu.
Pour suivre les règles.
Pour ses amies. Amies ?



__Image : Natalie Shau.
__Texte : Par moi.

# Posté le jeudi 29 mai 2008 13:19

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 15:43

.Mirroir, Mon Beau Mirroir.

.Mirroir, Mon Beau Mirroir.
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__Dans le miroir, en face de toi, une image qui te représente. Un clone, une copie, une personne, qui de ses traits, t'apparente. Une réplique, un reflet, ton reflet. Il parle comme tu parles. Il sourit comme tu souris. Il approche sa main de toi, comme tu approches la tienne du miroir, de lui, jusqu'à l'y poser. Mais lui ne ressent rien. Il n'est qu'une image. Il n'est que ce que tu montres. Il est superficiel.

__L'image se trouble à présent. Un nouveau reflet apparaît dans le miroir. Ton reflet, encore.
Mais il parle, alors que tu hurles. Il sourit, alors que tu pleures. Il approche calmement sa main de toi pour l'y poser, alors que tu abats violemment ton poing sur lui. L'objet explose brusquement, et ses projectiles se répandent autour de toi, sur toi, dans toi. Contemple ce spectacle macabre maintenant. Le miroir est brisé et moucheté de ton sang, tandis que sur ta main, les éclats tranchants de la glace se mélangent à des morceaux de chair et à ton sang dans une plaie profonde.

__Tu peux être fière de toi, tu as réussi à cacher ton mal être. Personne n'a vu ta douleur, pas plus que tu n'as vu ton reflet souffrir. Personne n'a vu que ton âme mourait, car ton corps, lui, vivait. Tu as préféré masquer ta détresse sous un faux sourire. Tu as préféré tenter de t'en sortir seule, plutôt que de demander aux autres de te tendre la main. Oui, tu peux être fière de toi, car personne n'aura décrypté ta souffrance dissimulée. Personne ne te verra non plus enfoncer le couteau dans ta poitrine. Personne ne te verra tomber suffocante sur le sol glacial. Ils retrouveront juste ton cadavre ensanglanté, gisant immobile sur le carrelage. Ils se demanderont pourquoi. Ils ne comprendront pas. Tu aurais pu leur expliquer. Mais c'est trop tard, tu as choisis.

__Ta vue se trouble. Ton souffle diminue. Ton rythme cardiaque ralentit. Tes organes cessent leur activité, les uns après les autres. Ton sang afflue, coule, s'étale en une flaque morbide. Hémorragie. Tes yeux se ferment, définitivement. C'en est fini de toi.



__Image : Natalie Shau. ( & retouchée par moi-même. )
__Texte : Par moi, une fois de plus.

# Posté le vendredi 12 septembre 2008 13:22

Modifié le samedi 05 septembre 2009 15:43

.Poupée Vaudou.

.Poupée Vaudou.
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Misérable poupée Vaudou,
Objet unanimement maltraité.
Magnanime et lamentable joujou,
Sans cesse humilié et rabaissé.



____Son tissu est lacéré et rapiécé, à chaque endroit où l'aiguille acérée s'est sauvagement enfoncée. Elle____ ____subit la rage de son propriétaire, qui lui inflige l'étiquette de victime, et dans un excès de colère, lui____ ____administre sa vengeance ultime. Vengeance qui ne lui ai pas destinée, car elle n'est que le reflet de____ ____la personne coupable. Mais c'est tellement plus simple de se défouler sur un ridicule objet que le____ ____sort accable.



____S'est - on déjà demandé si elle avait un c½ur, avant d'enfoncer l'épingle dans ses membres endoloris ?___ ____Elle restera un pathétique souffre - douleur, jusqu'à ce qu'elle ne finisse en débris.___ ____
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__Image : Gentillement offerte par This-Feelings-Wave. Merci beaucoup ! :)
__Texte : Par moi.

# Posté le lundi 13 octobre 2008 14:35

Modifié le mardi 20 octobre 2009 13:07

.Tais-toi & subis..

.Tais-toi & subis..
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__________Tenaillée par les critiques déchirantes de la foule qui l'encercle. L'air sombre, le teint__________ __________pâle, la tête baissée, le visage caché par les boucles de ses cheveux. Jugée, rejetée. Elle__________ __________aimerait tant disparaître, s'évaporer, s'éclipser, se dissoudre sur place en une brume__________ __________légère et s'envoler, soulevée par une infime brise de vent. Elle est réduite à ce que les__________ __________rumeurs et le bouche-à-oreille font d'elle. Sa réputation est salie. Les gens manipulent__________ __________son image selon leur désir. Rabaissée, humiliée, sans honneur. Et tout ça pour leur__________ __________plus grand plaisir. Faible, soumise à leur intolérance. Elle n'est plus elle. Elle devient ce__________ __________que les gens veulent qu'elle soie. Marionnette. Elle ne lutte plus. Elle ne se défend plus.__________ __________Elle n'en a plus la force, plus le courage, même plus l'envie. Elle laisse mourir son__________ __________âme, qui se consume, telle une mince flamme s'éteignant lentement. Elle finira étouffée__________ __________par les cendres, elle aussi.



Laissez la vivre. Laissez la respirer.
Laissez la en paix, elle ne vous a rien fait.
Laissez la.
__Photo : Comme vous aurez pu le deviner, ma sale tête.
__Texte : Par moi.

# Posté le mardi 03 juin 2008 13:28

Modifié le lundi 31 août 2009 15:49

.Poupée Mécanique.

.Poupée Mécanique.
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Poupée mécanique,
Faite de rouages et d'engrenages.
Marionnette pathétique,
Dont la liberté est mise en cage.


_________________Ton corps métallique, froid et usé, supporte le poids des chaînes, qui_______________ _______________te gardent emprisonnée. Ton c½ur est souillé de rouille et tes faits et_______________ _______________gestes sont contrôlés. Comme un boulon manquant à ton mécanisme, tes_______________ _______________droits t'ont étés arrachés. Cette liberté est essentielle à ton organisme,_______________ _______________sans elle, tu es complètement détraquée.


_________________Tu baisses les bras et cesses de te battre. Tu t'avoues vaincue, comme_______________ _______________un vulgaire tas de ferraille. Ce n'est pourtant pas le moment de te laisser_______________ _______________abattre. Relève la tête, crache la haine du fond de tes entrailles.


_________________Arrache uns à uns les fils qui te retiennent. Il faut que tu te débattes et_______________ _______________que tu te démènes, pour échapper à ceux qui te contrôlent. Tu n'es pas_______________ _______________une marionnette, tu n'as pas à tenir ce rôle.


Les barreaux de ta prison sont abattus.
Tu peux t'enfuir maintenant,
Et rattraper le temps perdu.


Petite poupée mécanique, tu es libre.



__Image : Natalie Shau.
__Texte : Par moi.

# Posté le lundi 30 juin 2008 05:11

Modifié le samedi 05 septembre 2009 17:14

.Overdose Artificielle.

.Overdose Artificielle.
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___Elle était neutre, passive, et ne ressentait rien. Son c½ur était totalement vide et son esprit léthargique,___ ___car toutes les effusions s'étaient évaporées de son être. Pourtant, elle était avide de sentiments. Elle___ ___désirait redécouvrir le goût oublié des sentiments qui l'avaient délestée. Un désir immodéré qui la___ ___tourmentait sans cesse.

___La seringue s'enfonça dans sa chaire, dans sa poitrine, au niveau du coeur. L'aiguille libéra la substance___ ___nocive. Le liquide atteignit l'organe palpitant qui le propageât dans ses veines. Il se diffusa dans tout___ ___son corps.

___Un léger frisson, un spasme furtif, et tout ressurgit soudainement en elle. La saveur de chacun des___ ___sentiments qui l'avaient délaissée. Mais cette fois, de sentiments artificiels. De sentiments créés d'un___ ___subtile mélange de substances intoxicantes, délétères, nuisibles.

Larmesi-acides.-iSouriresi-caustiques.
Douleurs chimiques. Plaisirs toxiques.

___Trop de sensations à endurer. Une santé dégradée. Des saveurs altérées. Un organisme dévasté. Ce___ ___produit, à trop forte dose, devint un poison, un venin mortel. Après l'exaltation, le poison paralysa ses___ ___membres un à un. Elle ne put tenir le coup . Elle fut réduite en poussières.



__Image : DeadNess.DeviantArt.Com.
__Texte : Par moi.

# Posté le dimanche 08 juin 2008 07:09

Modifié le samedi 05 septembre 2009 17:14

.Psychotique.._____« Voilà des années qu'il promène un visage plaqué sur sa boîte crânienne et une ombre cousue à_____ _____ses pieds, mais il n'a pas encore décider lequel des deux est le plus pesant. Quelquefois, il_____ _____éprouve une envie irrépressible de les arracher de lui pour les suspendre à un clou, puis de_____ _____s'effondrer à tout jamais sur le sol, comme un pantin auquel une main compatissante aurait coupé_____ _____ses ficelles. ».Je Tue - Giorgio Faletti_____.

.Psychotique.._____« Voilà des années qu’il promène un visage plaqué sur sa boîte crânienne et une ombre cousue à_____ _____ses pieds, mais il n’a pas encore décider lequel des deux est le plus pesant. Quelquefois, il_____ _____éprouve une envie irrépressible de les arracher de lui pour les suspendre à un clou, puis de_____ _____s’effondrer à tout jamais sur le sol, comme un pantin auquel une main compatissante aurait coupé_____ _____ses ficelles. ».Je Tue - Giorgio Faletti_____.
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Peu m'importe le nom et l'âge que vous collerez sur mon visage. Peu m'importe d'avoir un nom, et peu m'importe d'avoir un âge, en fait. Mais si vous tenez réellement à attribuer une identité à mes traits, alors je vous en offre la possibilité. Contentez vous de m'appeler Romane. Sachez que cela fait quinze années que j'erre parmi vous. Cela fait quinze années que je déambule dans un monde qui n'est pas le mien. Cela fait quinze années que je déambule dans un monde qui ne me correspond pas. Cela fait quinze années que je déambule parmi des personnes que je ne comprends pas. Cela fait quinze années que je déambule parmi des personnes qui ne me comprennent pas. Cela fait quinze années que je déambule, simplement. Il y a aussi ce mécanisme d'idées, d'humeurs et de sentiments, que l'on nomme couramment « personnalité », qui font de moi cette personne, cet être, « unique », si l'on peut dire. Un mécanisme tellement simple et tellement complexe à la fois. Peut-être un peu rouillé aussi, altéré par les événements, parfois âpres, de ces années écoulées. Une personnalité ne se décrit pas en quelques lignes sur une page Internet, un condensé ne vaudrait rien, elle s'apprend au fil du temps. Je suis si différente de vous, mais tellement semblable aussi. Apprenez-moi si vous en avez le temps, l'envie, et surtout la force. Ou sinon, passez votre chemin, simplement. Au final, retenez juste que je ne suis qu'un être humain. Pardonnez les erreurs et les défauts. Car il est certain que des bavures, j'en ferais toujours trop.



___________________« Joue avec les Mots, mais ne joue pas avec les Maux . Car si___________________ ___________________les Mots t'appartiennent, les Maux t'échappent totalement . »___________________ ___________________
__Photo : Moi-même.
__Texte : Moi-même.

# Posté le dimanche 18 mai 2008 13:18

Modifié le mardi 13 octobre 2009 12:14